Interview Nathalie Clouet à Gazzetta Tango

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?


NC- En 1989, à Paris, au théâtre MOGADOR, grâce à Sophie Guedj, une amie costumière qui m'a offert une invitation pour voir le spectacle TANGO ARGENTINO. A la fin, je me suis dit : mais comment font-ils ?. Je suis allée la remercier en coulisse et j'ai rencontré mes premiers professeurs Eduardo et Gloria Arquimbau, Pablo Veron qui m'a rapidement demandé de l'assister. On étaient tout le temps ensemble le soir pour danser, parler du tango... j'ai ensuite vécu 1 an en Argentine avec la bourse d'étude LAVOISIER, en tant que danseuse contemporaine, grâce au Ministère de la Culture et des Affaires Etrangères pour étudier le Tango à Buenos-Aires de 1990 à 1991 !. Là j'ai pris principalement des cours particuliers, seule et en couple. Notamment avec Pocho Pizarro, Pepito Avellaneda, Antonio Todaro, Finito, Gustavo Naveira, 'El Turco' José, Jose Vasquez "Lampazo",Mingo y Esther Pugliese, Puppy Castello, Carmencita Calderón, Orlando Paiva, dansée avec Petoleo ... Eric Jorissen,Tete Rusconi et Silvia Ceriani ...

Gz- Pour vous où se joue l'avenir du Tango ?


NC- "Dance, dance, dance, otherwise we are lost" à dit un jour Pina Baush à son ami TETE. C'est la musique que l'on partage en dansant, elle est la base. De l'embrassade à la dernière note, Il y a avant tout - la musicalité. Il ne faut pas être pressé, ... c'est comme les oranges. Les professeurs, doivent enseigner à danser librement, car c'est là ou se cache le plaisir et l'acte même de danser.

Nathalie Clouet, danseuse contemporaine

Depuis la découverte de sa vocation de danseuse dès ses années lycéennes, Nathalie Clouet est une danseuse - C’est tout dire!
 - Elle a marqué les années 80 pendant qu’émerge "la nouvelle danse française” qui a fait rayonner la France pendant cette décade et les quelques années qui l’ont suivie. Elle fait partie des pionnières de la vidéo danse, de la recherche en danse post-moderne.
Elle découvre le tango et elle s’en enrichit à ses sources en Argentine, où elle se forme dès 1989 avec les plus grands maîtres.

Nathalie Clouet est l'une des chorégraphes contemporaines qui dans les années 90 pressent la puissance du tango comme danse, mais aussi comme manière d'insuffler à la danse contemporaine une autre esthétique. De nouveaux mouvements qu'elle décline, détourne.
Au fil des bals, elle crée des performances qui surgissent à l'improviste. « la reine du tango, » a plus d'un tour dans son sac, danse du visage, caravane tango déambulatoire, invention de danse de couple et d’objets pour danser …

" Jamais en reste d'idées folles, la danseuse contemporaine et reine du tango Nathalie Clouet a imaginé un drôle de bal tango qui déambule dans la ville et se pose parfois pour quelques pas dans des lieux improbables. Munis de sacs à dos garnis d’un système sonore HF, pour la musique, les couples de cette caravane tango peu banale progressent en file indienne et invitent évidemment les passants et spectateurs à se glisser dans la danse.

Rosita Boisseau - Le Monde, 2001

Quand les chorégraphes s’installent au cabaret « Ce rapport direct au public, Nathalie Clouet l’a éprouvé depuis longtemps et en a fait un axe majeur de son travail chorégraphique. Trouvant là un écho à son désir de partage, elle conçoit régulièrement des soirées où artistes et public peuvent entrer en contact. Avoir le sens de l’instant, savoir improviser et capter l’attention en quelques secondes, voilà pour elle les exigences du cabaret et le sens de sa recherche … Pour Nathalie, son numéro " bolita " s’adaptera aux circonstances … Au-delà du travail de mise en scène qui cadre l’atmosphère, l’enjeu du direct est bien là …»
Odile Cougoule - Danser N°178 – 1999

« Vivre heureux et danser chic ! Foin de tango et salsa ! Les nouvelles danses sélects ont pour nom transito, bolita et stopston-gostep. Nées de la fantaisie heureuse de Nathalie Clouet et de Bernard Tran (plasticien), elles affolent le petit monde des plasticiens jamais en reste d’extravagance … La Bolita, elle, prend sa source dans la pampa argentine. " Jusqu’au début du XIXe siècle, les gauchos utilisaient les boleadoras, …. " En 1995 naît la bolita, une danse, un objet, la petite balle souple que l’on pend à la ceinture au bout d’un élastique et hop !. D’une jambe sur l’autre, grand battement, déhanchement, pirouette cacahuète, et la bolita s’enroule autour de la cuisse, vient rebondir sur le mollet, repart à l’horizontale, virevolte, dessine des huit, des cercles autour du corps de la danseuse. De l’une à l’autre s’établit un dialogue ludique et imprévisible … À pratiquer tout seul, en famille, entre amis et pourquoi pas bientôt dans des compétitions !… . »

Rosita Boisseau - Le Monde

 

Le Courrier des Hauts de Seine : "Ils dansent le Transito, une danse qu'ils ont inventée à l'aéroport de Séville"

 

Le Journal des Expositions : "Transito est un ballet lent pour les arpenteurs de ville, de musée ou de jardins publics"